Menée 2-0, l’Argentine a renversé l’Égypte 3-2 en 13 minutes lors des 8es de finale du Mondial 2026, avec un doublé décisif de Messi.
Argentine-Égypte : la remontada qui a sauvé le Mondial de Messi
Atlanta, mardi 7 juillet. Il est un peu plus de 20h passées quand l’Égypte mène 2-0 face à l’Argentine. Dans les tribunes du stade Mercedes-Benz, une partie du public commence déjà à imaginer l’impensable : les champions du monde en titre, sortis en huitièmes de finale. Vingt-cinq minutes plus tard, tout le monde a plié bagage sous le choc inverse. Score final : 3-2 pour l’Albiceleste, qui file en quarts. Racontons cette soirée dans l’ordre, parce qu’elle mérite mieux qu’un simple résumé de score — entre le penalty manqué de Messi, les exploits d’un gardien égyptien héroïque, et un money-time qui a fait basculer tout un tournoi.

L’Égypte prend tout le monde de court
On attendait l’Argentine dominatrice. C’est l’Égypte qui a imposé son rythme dès le coup d’envoi. À la 15e minute, un centre venu de la droite trouve la tête de Yasser Ibrahim, monté plus haut que toute la défense argentine. 1-0. Le stade retient son souffle, les Pharaons y croient.

Réaction immédiate des Argentins, ou presque : penalty obtenu après une faute dans la surface. Messi s’avance. Mostafa Shobeir, le gardien égyptien, plonge du bon côté et repousse. Quatrième penalty manqué de sa carrière en Coupe du monde pour le capitaine argentin — un chiffre qui, sur l’instant, avait tout d’un mauvais présage.
L’Argentine pousse encore : un poteau de Messi sur coup franc, un arrêt réflexe de Shobeir devant Julián Álvarez. Rien n’y fait. À la pause, l’Égypte mène logiquement 1-0.
Cette Égypte n’était pas là par hasard
Il faut resituer un peu les choses pour comprendre ce qui se joue ce soir-là. L’Égypte de Hossam Hassan dispute sa quatrième Coupe du monde seulement, et n’était jamais allée au-delà du premier tour — ni en 1934, ni en 1990, ni en 2018. Deuxième d’un groupe partagé avec la Belgique, l’Iran et la Nouvelle-Zélande, elle avait ensuite validé sa place en huitièmes aux dépens de l’Australie, aux tirs au but.
Donc non, cette équipe qui menait 2-0 face aux champions du monde n’était pas venue faire de la figuration. Elle jouait sa qualification historique pour les quarts, un cap que le pays n’a jamais franchi. Et pendant plus d’une heure, elle a semblé largement à sa portée.
Il y avait aussi, dans cette équipe, l’histoire personnelle de Mohamed Salah. Sept fois champion d’Afrique avec l’Égypte, l’attaquant n’a jamais soulevé la CAN en finale — deux échecs, en 2017 et en 2021. Ce Mondial ressemblait fort à sa dernière grande occasion internationale de marquer les esprits à cette échelle, et il n’était pas venu pour se contenter d’une élimination honorable.

Le coup de massue
En seconde période, l’Égypte prend même le large. Un but est d’abord annulé par la VAR pour une faute en amont. Peu importe : à la 67e minute, Mostafa Ziko reprend un centre parfait et fait 2-0. Vingt-trois minutes à jouer. L’Argentine est au bord du gouffre.
Et franchement, à ce moment-là, personne — ou presque — ne voyait comment l’Albiceleste pouvait s’en sortir. Cette équipe traînait depuis plusieurs matchs une irrégularité inhabituelle, très loin de la solidité qui avait fait sa force au Qatar en 2022. Déjà accrochée par le Cap-Vert au tour précédent, poussée jusqu’en prolongation, elle donnait l’impression, ballon au pied, de ne jamais vraiment trouver son tempo.
Sur le banc argentin, l’ambiance devait être tendue. On imagine Scaloni, à vingt minutes de la fin, en train de préparer déjà les questions qu’il devrait affronter en conférence de presse si son équipe sortait du tournoi dès les huitièmes. Le genre de scénario qu’aucun sélectionneur de champion du monde en titre n’a envie de vivre.
Treize minutes qui ont tout changé

Et puis, comme souvent avec cette génération argentine, tout a basculé d’un coup.
79e minute : centre de Messi, tête de Cristian Romero. 2-1. Le stade y croit à nouveau.
83e minute : nouvelle offrande dans la surface, et cette fois c’est Messi lui-même qui égalise, d’une frappe du gauche imparable. Son 21e but en Coupe du monde. Le penalty raté est oublié.
90e+2 : Lautaro Martínez lance la contre, centre pour Enzo Fernández, tête, but. 3-2. Fin du match, qualification argentine.
Treize minutes. C’est tout ce qu’il a fallu pour passer du bord de l’élimination à la qualification.
Les acteurs de la soirée
Mostafa Shobeir mérite qu’on s’arrête sur son cas : un penalty repoussé, plusieurs arrêts décisifs, et une prestation qui, malgré la défaite, restera comme l’une des belles performances individuelles de ce tour. Il n’a rien à se reprocher sur les trois buts encaissés.
Côté argentin, Messi a vécu une soirée à deux visages : frustrant sur son penalty, décisif sur la fin, avec une passe et un but. Enzo Fernández, entré en cours de jeu, a signé le but qui envoie l’Argentine en quarts — pas mal pour un soir où il n’était même pas titulaire. Même chose pour Lautaro Martínez, auteur du centre décisif, également remplaçant au coup d’envoi. Deux entrants, deux buts qui changent tout le sort du match : difficile de trouver meilleur argument pour un sélectionneur qui veut défendre ses choix de rotation, souvent critiqués tout au long du tournoi.
Les chiffres de la nuit de Messi
Ce but égalisateur mérite qu’on s’y attarde un peu. Il porte à 21 le total de buts de Messi en Coupe du monde, et à 8 son compteur pour cette seule édition 2026 — à 38 ans, et alors qu’il évolue désormais à l’Inter Miami, loin des plus grands championnats européens. Pas mal pour quelqu’un que certains disaient sur le déclin.
En face, le penalty manqué porte à quatre ses échecs sur cette même compétition, en huit tentatives. Un record dont il se serait bien passé. Mais au bout du compte, c’est la passe décisive et le but qui resteront de cette soirée, pas le tir manqué.
Ce que cette qualification coûte à l’Égypte
Pour les Pharaons, la sortie est cruelle. Menés 2-0, à vingt minutes de la fin, ils étaient à deux doigts d’écrire l’histoire du football égyptien. Hossam Hassan pourra néanmoins repartir la tête haute : son équipe a tenu tête aux champions du monde pendant plus d’une heure, et cette désillusion ne doit pas faire oublier tout ce que cette génération a montré dans ce tournoi. Reste à savoir si une nouvelle occasion de ce calibre se représentera de sitôt pour cette génération de joueurs égyptiens, dont plusieurs approchent la trentaine.
Pour le calendrier complet et les résultats officiels de la compétition, la page dédiée de la FIFA reste la référence à consulter.
Ce que ça dit de cette Argentine
Difficile de tirer une conclusion nette de cette soirée. D’un côté, un mental de champion : ce n’est pas la première fois cette Coupe du monde que l’Argentine se sort d’une position compliquée. De l’autre, une équipe qui semble avoir perdu un peu de sa maîtrise collective d’antan, et qui doit trop souvent compter sur des étincelles individuelles — Messi en tête, mais aussi ses remplaçants — pour se sauver.
Les deux buts décisifs sont venus de joueurs entrés en jeu. Ce n’est pas rien : ça montre une équipe qui a des ressources sur le banc, même quand le onze de départ patine. Reste à savoir si Scaloni pourra continuer à compter sur ce genre de miracle collectif face à des adversaires plus costauds défensivement — la Suisse, justement, n’est pas réputée pour offrir ce genre de cadeaux en fin de match.
Prochaine étape : la Suisse
L’Argentine défiera la Suisse en quarts de finale, à Kansas City, avec un objectif qui donne le vertige : devenir la première sélection à conserver son titre mondial depuis le Brésil de 1958-1962. Personne n’y est parvenu depuis plus de soixante ans.
Sur le terrain, cette victoire arrachée dans la douleur pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. L’entame de match ratée face à l’Égypte n’est pas un cas isolé cette Coupe du monde : Scaloni devra revoir certains équilibres, notamment au milieu, avant d’affronter une Suisse réputée pour sa rigueur défensive. Le parcours des Helvètes jusqu’ici est détaillé dans cet article consacré à leur campagne.
Une chose est sûre : après cette soirée à Atlanta, plus personne côté argentin ne prendra un adversaire à la légère — aussi modeste puisse-t-il paraître sur le papier.
Pour revivre l’ensemble des temps forts de ce huitième de finale, ou pour consulter notre analyse des autres résultats du jour, consultez notre couverture complète du Mondial 2026 et notre récapitulatif des quarts de finale.
À retenir
- Score final : Argentine 3 – 2 Égypte
- Buteurs : Ibrahim (15e), Ziko (67e) pour l’Égypte ; Romero (79e), Messi (83e), Enzo Fernández (90e+2) pour l’Argentine
- Prochain adversaire de l’Argentine : la Suisse, en quarts de finale
Note de la rédaction : cet article a été rédigé à partir des retransmissions officielles et des résumés publiés par la FIFA et plusieurs médias sportifs. Il a été mis à jour le 7 juillet 2026 pour refléter le résultat final et les statistiques confirmées du match. Une erreur ou une information à corriger ? Contactez-nous via notre page de contact.
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Cette remontada argentine restera-t-elle dans les annales comme l’un des plus grands retournements de l’histoire de la Coupe du monde ?
Selon vous, Messi peut-il mener l’Argentine vers un deuxième titre consécutif ?
Quelle équipe représente le plus grand danger pour l’Albiceleste dans la suite du tournoi ?
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