Emma Lohoues : le parcours d’une actrice devenue femme d’affaires
Il y a des carrières qu’on résume trop vite à un seul rôle. Celle d’Emma Lohoues en fait partie : beaucoup la connaissent pour son sourire et sa présence sur les réseaux sociaux, mais son parcours réel raconte une histoire plus large — celle d’une jeune Ivoirienne diplômée en communication, passée par la case cinéma avant de construire, film après film puis projet après projet, une véritable marque personnelle.

Des études en communication à la lumière des projecteurs
Née le 17 avril 1986 en Côte d’Ivoire, Emma Lohoues obtient son baccalauréat en 2005 avant de décrocher, deux ans plus tard, un BTS en communication d’entreprise. Un parcours académique plutôt classique, qui ne laissait pas forcément deviner la carrière artistique qui allait suivre. Dès sa majorité, elle multiplie les petites apparitions dans la série ivoirienne Classe A, une première expérience à l’écran qui allait ouvrir la voie à des rôles plus marquants.
Le vrai tournant survient en 2011, avec le film Le Mec Idéal d’Owell Brown, dans lequel elle incarne Estelle, une coiffeuse indépendante qui a fait le choix, contre l’avis de ses proches, de monter son propre salon — un rôle qui, avec le recul, résonne étrangement avec la trajectoire personnelle qu’elle allait suivre quelques années plus tard. Le film lui vaut une reconnaissance internationale immédiate : l’Étalon de Bronze au FESPACO, le prix de la meilleure comédienne au Festival International du Film de Khouribga au Maroc, et le prix de la meilleure actrice au China Golden Rooster & Hundred Flowers Film Festival, l’un des plus prestigieux festivals de cinéma chinois.

Ce genre de reconnaissance internationale, dès un premier grand rôle, reste rare pour une jeune actrice ouest-africaine à cette période. Le cinéma ivoirien, souvent moins visible sur la scène internationale que ses homologues nigérian ou sénégalais, peine parfois à faire remarquer ses talents au-delà du continent. Le parcours d’Emma Lohoues, récompensée coup sur coup au Maroc et en Chine pour un même rôle, illustre une percée assez inhabituelle pour l’époque.
Une carrière qui s’étend au-delà des frontières ivoiriennes
Fort de ce succès, Emma Lohoues enchaîne les projets à l’international. En 2013, elle s’installe en Guadeloupe pour incarner Akissi Kouadio dans Villa Karayib, une série de 70 épisodes coproduite par Canal+, avant de reprendre ce même rôle dans une seconde saison en 2015. Elle apparaît aussi dans Braquage à l’Africaine (2014), Les Sauvages (2015), ou encore la série Aïssa (2016), coproduite pour TV5 Monde et la chaîne A+, preuve d’une carrière qui dépasse largement le cadre du cinéma ivoirien pour s’ancrer dans une production panafricaine et francophone plus large.

Cette période marque aussi ses débuts comme animatrice et personnalité médiatique : présente dans les clubs et soirées d’Abidjan, elle prête régulièrement main-forte à des artistes ivoiriens dans leurs clips musicaux, renforçant sa notoriété bien au-delà du strict cadre cinématographique.
Cette diversification précoce — cinéma, animation, apparitions dans des clips musicaux — dessine déjà les contours de ce qui allait devenir sa marque de fabrique : une présence multi-supports, à une époque où peu d’acteurs ivoiriens envisageaient leur carrière au-delà d’un strict rôle de comédien. Cette approche, assez avant-gardiste pour le début des années 2010, préfigure directement la stratégie de marque personnelle qu’elle allait déployer une décennie plus tard avec ses projets entrepreneuriaux.
Empire 17 : quand l’actrice devient femme d’affaires
Ce qui distingue vraiment Emma Lohoues de nombreuses autres actrices de sa génération, c’est le virage entrepreneurial qu’elle prend à partir de 2020. Le 28 février de cette année-là, elle présente à ses proches ce qu’elle appelle elle-même “ses bébés” : Empire 17, un ensemble de sept structures réunies sous un même toit à Cocody-Angré, un quartier d’Abidjan. Le nom n’est pas choisi au hasard — le 17 est sa date de naissance, et son chiffre porte-bonheur.
Sous cette même enseigne cohabitent une fondation dédiée aux enfants démunis, une structure événementielle, une marque de cosmétiques, un salon de maquillage, un salon de thé, une marque de mèches et d’extensions capillaires, et un spa. Un projet ambitieux pour une seule entrepreneuse, mais qui s’appuie aussi sur un entourage familial impliqué : sa sœur aînée, Amélie Lohoues, joue un rôle de conseillère dans cette aventure entrepreneuriale.

Selon les proches de l’actrice, ce virage vers le business n’a rien d’un caprice de star installée : Emma Lohoues aurait toujours eu la fibre entrepreneuriale, avant même ses débuts dans le cinéma, et le chemin vers Empire 17 se serait construit à travers plusieurs tentatives infructueuses avant d’aboutir à ce projet plus abouti. Une trajectoire qui rappelle que la réussite entrepreneuriale, même pour une personnalité déjà connue du grand public, se construit rarement du premier coup.
Ce détail mérite d’être souligné, tant l’idée reçue voudrait qu’une célébrité bénéficie d’un raccourci automatique vers le succès entrepreneurial grâce à sa seule notoriété. Dans les faits, la notoriété ouvre des portes — accès aux investisseurs, visibilité gratuite, crédibilité auprès du public — mais ne garantit en rien la viabilité d’un projet aussi ambitieux que sept structures réunies sous une même enseigne. La longévité d’Empire 17 depuis son lancement en 2020 suggère que le concept a trouvé son public, au-delà du simple effet de curiosité initial lié au nom de sa fondatrice.
Une notoriété qui dépasse le cinéma ivoirien
Avec plusieurs millions d’abonnés cumulés entre Facebook, Instagram et Snapchat, Emma Lohoues fait aujourd’hui partie des personnalités les plus suivies de Côte d’Ivoire, toutes générations confondues. Cette audience considérable dépasse largement le cercle des amateurs de cinéma : elle en fait une figure de référence pour le marketing d’influence en Afrique de l’Ouest, régulièrement sollicitée par des marques en quête de visibilité auprès d’un public panafricain.
Cette notoriété s’accompagne, comme souvent avec les personnalités très suivies sur les réseaux sociaux, d’une exposition permanente : chacune de ses apparitions publiques, chaque publication, fait l’objet de commentaires et de reprises dans la presse people ivoirienne. Une rançon de la célébrité qui n’a pas empêché Emma Lohoues de continuer à développer ses différents projets, entre plateaux de tournage et gestion d’entreprise.
Un profil de plus en plus rare dans le paysage médiatique africain
Ce qui rend le parcours d’Emma Lohoues intéressant à observer, c’est justement cette capacité à occuper plusieurs rôles en parallèle sans que l’un ne prenne le pas sur les autres : actrice reconnue internationalement, animatrice de plateaux, entrepreneuse à la tête de sept structures différentes, et personnalité influente sur les réseaux sociaux. Peu de figures publiques ivoiriennes cumulent autant de casquettes avec une telle continuité dans le temps.
Reste à voir comment cette combinaison de carrières évoluera dans les années à venir, à mesure qu’Empire 17 se développe et que sa carrière d’actrice continue de son côté. Pour l’instant, rien n’indique un ralentissement de l’un ou l’autre de ces projets.
Ce type de trajectoire multi-facettes devient d’ailleurs de plus en plus courant chez les personnalités africaines les plus en vue, qui ne se contentent plus de la seule notoriété artistique pour construire une carrière durable. À l’heure où l’industrie du divertissement traverse des mutations rapides, entre montée des plateformes de streaming et évolution des usages sur les réseaux sociaux, disposer de sources de revenus diversifiées — cinéma, animation, entrepreneuriat, influence numérique — représente une forme de sécurité que peu de générations précédentes d’artistes ivoiriens avaient pu construire aussi méthodiquement.
Pour suivre l’actualité d’Emma Lohoues et d’autres figures du cinéma ivoirien, notre dossier consacré aux actrices francophones qui montent revient régulièrement sur ces parcours, aux côtés de son profil Wikipédia complet qui détaille l’ensemble de sa filmographie.
À retenir
- Emma Lohoues est née le 17 avril 1986 (les sources divergent entre Dabou et Abidjan comme lieu de naissance précis) ; elle a 40 ans en 2026
- Son rôle dans Le Mec Idéal (2011) lui vaut plusieurs récompenses internationales, dont l’Étalon de Bronze au FESPACO
- Elle tourne dans plusieurs productions panafricaines et francophones, dont Villa Karayib pour Canal+
- En 2020, elle lance Empire 17, un ensemble de sept structures entrepreneuriales à Abidjan
- Elle compte plusieurs millions d’abonnés cumulés sur les réseaux sociaux
Note de la rédaction : cet article se concentre sur le parcours artistique et entrepreneurial d’Emma Lohoues, à partir d’informations biographiques publiques recoupées entre plusieurs sources (dont Wikipédia). Les sources consultées divergent sur son lieu de naissance exact ; nous n’avons pas tranché faute de source primaire. Une erreur ou une précision à apporter ? Contactez-nous via notre page de contact.