Halima Gadji : hommage à l’actrice qui a incarné Marième Dial
Le 26 janvier 2026, le Sénégal et toute l’Afrique francophone perdaient l’une de ses actrices les plus populaires. Halima Gadji, connue de millions de téléspectateurs sous le nom de son personnage Marième Dial, s’est éteinte à 36 ans des suites d’un malaise. Retour sur le parcours d’une artiste qui a marqué la télévision sénégalaise et qui, de son vivant, avait choisi de parler ouvertement de ses propres difficultés psychologiques.

Du mannequinat au théâtre : les débuts d’une passion
Née le 25 août 1989 à Dakar, d’un père sénégalais et d’une mère maroco-algérienne, Halima Gadji grandit entre les quartiers de la Médina et de Sacré-Cœur. Elle se découvre une passion pour l’art dès l’adolescence et débute dans le mannequinat à l’âge de 15 ans, avant de se tourner progressivement vers le théâtre puis le cinéma. Elle apparaît d’abord dans des séries comme Tundu Wundu (2015), avant de rejoindre la distribution de Sakho & Mangane (2018-2020), qui la fait connaître d’un public plus large.
Ce parcours, entre mannequinat et scène audiovisuelle, s’inscrit dans une trajectoire assez représentative d’une génération d’actrices sénégalaises passées par la mode avant de se tourner vers le jeu d’actrice, à une époque où l’industrie audiovisuelle locale, portée notamment par des sociétés de production comme Marodi TV, commençait à se structurer et à toucher un public bien au-delà des frontières du Sénégal.
La consécration avec Marième Dial

C’est toutefois son rôle dans Maîtresse d’un homme marié, série produite par Marodi TV et diffusée à partir de 2019, qui la propulse au rang de star dans toute l’Afrique francophone. Elle y interprète Marième Dial, personnage à la fois transgressif et vulnérable, maîtresse d’un homme d’affaires déjà marié. Le programme, régulièrement au centre de vifs débats de société sur la sexualité, la fidélité et la place des femmes, devient l’un des plus grands succès populaires de la télévision sénégalaise. Halima Gadji avait par ailleurs expliqué, dans plusieurs interviews données de son vivant, que les critiques adressées à son personnage révélaient selon elle une différence de regard entre la société et la sexualité des hommes et celle des femmes. Son talent lui vaut en 2020 le prix de la meilleure interprétation féminine aux Sotigui Awards, une récompense qui reconnaît les meilleurs talents du cinéma et de l’audiovisuel ouest-africains. Elle poursuivra sa carrière avec d’autres productions, notamment Bété-Bété, série dans laquelle elle incarnait le personnage de Deguène, diffusée au moment de son décès.
Le succès de Maîtresse d’un homme marié dépassera d’ailleurs largement les frontières sénégalaises : la série a été suivie dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, contribuant à faire de Marième Dial l’un des personnages de fiction les plus discutés de la décennie sur les réseaux sociaux francophones. En 2023, Halima Gadji avait également été désignée marraine du Festival Vues d’Afrique à Montréal, confirmant le rayonnement de sa carrière au-delà du continent africain.
Une parole publique sur la santé mentale
Au-delà de son travail d’actrice, Halima Gadji s’était distinguée ces dernières années par une prise de parole publique sur ses propres difficultés psychologiques, un sujet encore largement taboué dans la société sénégalaise. Plusieurs médias sénégalais ont rapporté qu’elle avait traversé, à plusieurs reprises au cours de sa carrière, des périodes de dépression, et qu’elle avait choisi de ne pas les dissimuler. Cette démarche, rare pour une personnalité publique aussi exposée, a été saluée après son décès comme l’une des contributions les plus importantes de l’actrice à la société sénégalaise, au-delà de sa seule carrière artistique.
Une disparition qui a bouleversé le Sénégal et l’Afrique francophone
L’annonce de son décès, survenu le 26 janvier 2026 des suites d’un malaise, a suscité une vague d’émotion à travers tout le continent, relayée par de nombreux médias au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Mali et au-delà. Le ministère sénégalais de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a rendu hommage à une artiste devenue, selon son communiqué officiel, une figure majeure de l’audiovisuel sénégalais et africain. La société de production Marodi TV, avec laquelle elle s’était révélée au grand public, a exprimé sa profonde émotion et présenté ses condoléances à sa famille. Le chanteur Youssou Ndour a également salué sa mémoire publiquement. Halima Gadji a été inhumée le 28 janvier 2026 au cimetière musulman de Yoff, à Dakar, en présence du ministre de la Culture Amadou Ba.
L’hommage de son frère, l’acteur Kader Gadji
Son frère, l’acteur et scénariste Kader Gadji, avec qui elle entretenait une relation particulièrement proche, a publié un message d’hommage sur les réseaux sociaux peu après l’annonce du décès : « Ma flamme jumelle. Une partie de moi est partie à jamais. Allah, aide-moi à surmonter cette épreuve. » Les deux frère et sœur avaient déjà collaboré publiquement à plusieurs reprises, notamment lors d’une émission culinaire animée par Kader Gadji où Halima était apparue comme invitée, dans une ambiance complice et pleine d’humour qui avait marqué leurs fans communs. Plusieurs mois avant son décès, Kader Gadji avait également révélé travailler sur un court-métrage inspiré du parcours de sa sœur, dans l’objectif de sensibiliser le public aux réalités de la dépression.
Un héritage centré sur le courage de la parole
Le parcours d’Halima Gadji reste aujourd’hui associé, dans la mémoire collective sénégalaise, à deux dimensions indissociables : celle d’une actrice qui a marqué toute une génération avec un rôle devenu culte, et celle d’une femme qui a choisi de rendre publique une souffrance encore largement passée sous silence dans son pays. Ce sont ces deux facettes que retiennent, aujourd’hui, les nombreux hommages qui continuent de lui être rendus, plusieurs mois après sa disparition.
Pour en savoir plus sur son parcours, on peut consulter l’article d’Africanews au moment de l’annonce de son décès, ainsi que sa fiche Wikipédia.
Retrouvez aussi notre dossier sur les séries sénégalaises qui ont marqué la décennie et notre sélection d’actrices ouest-africaines à découvrir.
À retenir
- Halima Gadji, née le 25 août 1989 à Dakar, est décédée le 26 janvier 2026 à l’âge de 36 ans des suites d’un malaise
- Elle s’est fait connaître du grand public grâce à son rôle de Marième Dial dans Maîtresse d’un homme marié (Marodi TV, à partir de 2019)
- Elle a reçu le prix de la meilleure interprétation féminine aux Sotigui Awards 2020
- Elle s’était exprimée publiquement, de son vivant, sur ses propres difficultés liées à la dépression
- Son frère, l’acteur Kader Gadji, lui a rendu un hommage public après son décès
Note de la rédaction : cet article s’appuie sur des communiqués officiels (ministère sénégalais de la Culture, Marodi TV) et des articles de presse parus au moment du décès de l’actrice (Africanews, AllAfrica, Wikipédia). Nous n’avons repris aucune citation ou témoignage qui n’ait pu être vérifié auprès d’une source publique fiable. Le sujet abordé ici touche à la santé mentale : si vous-même traversez une période difficile, sachez qu’il existe des professionnels et des lignes d’écoute en mesure de vous accompagner. Une erreur ou une précision à apporter ? Contactez-nous via notre page de contact.
Le souvenir d’Halima Gadji reste associé à un rôle marquant et à une parole rare sur la santé mentale, dans une société où ce sujet reste encore difficile à aborder.
Quel souvenir gardez-vous de son rôle dans Maîtresse d’un homme marié ? Et pensez-vous que sa prise de parole sur la dépression a contribué à faire bouger les lignes au Sénégal ?
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